Gabriel François Doyen (17261806)
Figure pionnière et pourtant méconnue du mouvement de régénération de la peinture d’histoire dans la seconde moitié du xviiie siècle, Gabriel François Doyen s’imposa à Paris dès son retour de l’Académie de France à Rome avec La Mort de Virginie exposé au Salon de 1759. La critique vit en lui l’un des espoirs du renouveau de la peinture française au point qu’à la mort de son maître Carle Vanloo, il fut jugé digne d’achever son célèbre Cycle de saint Grégoire à l’église des Invalides. Sa gloire culmina avec Le Miracle des Ardents peint pour l’église Saint-Roch à Paris, chef-d’œuvre qui influença jusqu’à Géricault. Sous la Révolution, délaissé au profit des peintres de la génération de David, il remplit d’importantes fonctions au sein de la Commission des monuments et œuvra pour la préservation du patrimoine français aux côtés de son ancien élève Alexandre Lenoir. En 1792, il choisit de partir pour la Russie où il enseigna à l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, et peignit de grands décors pour l’impératrice Catherine II puis pour son fils Paul Ier. Des sources inédites et un catalogue renouvelé permettent de redécouvrir l’ambition tumultueuse de son œuvre.
Préface par Alain Mérot, professeur émérite à Sorbonne-Université